La Commission européenne a envoyé des conclusions préliminaires à Google proposant des mesures visant à partager les données de recherche avec des moteurs de recherche concurrents, y compris des chatbots IA qualifiés de moteurs de recherche en ligne selon le DMA, dans l’ensemble de l’UE et de l’EEE.
Selon la proposition, Google doit partager quatre catégories de données anonymisées selon des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (FRAND).
Les catégories sont classement, requête, cliquezet voir données. La Commission affirme que l’objectif est de permettre aux moteurs de recherche tiers « d’optimiser leurs services de recherche et de contester la position de Google Search ».
Les mesures ne sont pas encore contraignantes. Une consultation publique est ouverte jusqu’en mai et une décision finale est attendue d’ici le 27 juillet.
Que contient la proposition
Les mesures proposées par la Commission couvrent six domaines :
- Critères d’éligibilité pour les bénéficiaires de données, y compris les chatbots IA dotés de capacités de recherche
- L’étendue des données de recherche que Google est tenu de partager
- Méthodes et intervalles de partage de données
- Normes d’anonymisation des données personnelles
- Lignes directrices pour déterminer les prix FRAND
- Procédures permettant aux bénéficiaires d’accéder aux données
Les données seront disponibles pour les tiers éligibles exploitant des moteurs de recherche dans l’EEE, y compris les fournisseurs de chatbots IA qualifiés comme tels.
Il s’agit d’une procédure au titre de l’article 6, paragraphe 11, qui fait suite à l’ouverture de la Commission le 27 janvier. Une procédure distincte au titre de l’article 6, paragraphe 7, porte sur l’interopérabilité d’Android pour l’IA de tiers. Les deux visent à transformer les larges obligations du DMA en règles spécifiques et applicables.
Les chatbots IA sont éligibles
Les critères d’éligibilité pour qualifier les chatbots IA sont ce qui change la donne en matière de visibilité de la recherche IA.
Selon la proposition, les chatbots IA répondant à la définition des moteurs de recherche en ligne du DMA pourraient accéder aux données de recherche anonymisées de Google. Les produits de recherche d’IA qualifiés pourraient utiliser ces données pour améliorer leurs systèmes de récupération et de classement.
Les mesures proposées précisent les méthodes de partage des données, la fréquence, l’accès et la tarification, les détails techniques restant à finaliser.
Google repousse
Google s’est opposé à la proposition dans une déclaration fournie à plusieurs points de vente. Clare Kelly, conseillère principale en matière de concurrence chez Google, a déclaré dans une déclaration à Engadget :
« Des centaines de millions d’Européens font confiance à Google pour leurs recherches les plus sensibles – y compris des questions privées sur leur santé, leur famille et leurs finances – et la proposition de la Commission nous obligerait à transmettre ces données à des tiers, avec des protections de la vie privée dangereusement inefficaces. Nous continuerons à nous défendre vigoureusement contre cette portée excessive, qui dépasse de loin le mandat initial de la DMA et met en danger la vie privée et la sécurité des personnes. «
Google a également déclaré à The Register que l’enquête semble être menée « au moins en partie par OpenAI », qui, selon lui, « cherche à tirer parti du DMA pour récolter des données de Google d’une manière non prévue par les rédacteurs du DMA ».
L’entreprise se bat sur plusieurs fronts DMA. Bruxelles a envoyé des conclusions préliminaires en 2025 sur une affaire distincte d’auto-préférence au titre de l’article 6, paragraphe 5. En février, Google a commencé à tester les résultats de recherche des changements dans l’UE de répondre à cette procédure.
Pourquoi c’est important
Les mesures sont préliminaires et, si elles sont adoptées, applicables uniquement dans l’EEE. L’anonymisation et les détails des prix restent ouverts jusqu’à la consultation de mai.
La question à plus long terme est de savoir si l’éligibilité des chatbots IA survivra à la décision finale de juillet.
Si la proposition de l’UE est adoptée avec éligibilité aux chatbots IA, les produits éligibles destinés aux utilisateurs de l’UE/EEE pourraient accéder aux signaux anonymisés de la recherche Google.
La proposition ne donne pas aux chatbots IA accès à l’index de Google, mais permet plutôt d’accéder à des données similaires à celles utilisées par Alphabet pour optimiser ses services de recherche, ce qui diffère des sources de données de recherche IA actuelles.
Regarder vers l’avenir
La consultation publique se termine le 1er mai et la Commission évaluera les commentaires avant de prendre une décision finale et contraignante d’ici le 27 juillet, qui s’appliquera à Google.
Ces procédures ne constituent pas un constat de non-conformité, mais une application distincte du DMA peut imposer des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial. La prochaine étape pour les praticiens de la visibilité de l’IA est le résultat de la consultation.
Si la Commission maintient l’éligibilité aux chatbots IA, l’attention se portera alors sur la rapidité avec laquelle les accords de partage de données permettent aux outils IA de rivaliser pour la visibilité des citations.